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Interview : Ashton Lambie (individual pursuit world record)

Ashton Lambie est l’une des révélations de cette année 2018. Spécialiste du gravel pendant de nombreuses années, son talent éclate au grand jour en août dernier, lorsqu’il bat le record du monde de la poursuite individuelle après seulement deux années d’entrainement sur piste. Il est désormais membre de la formation britannique HUUB Wattbikes, qui rivalise avec les meilleures sélections nationales en coupe du monde. J’ai eu le plaisir d’échanger avec Ashton au sujet de son parcours et de ses ambitions. Retour sur son parcours atypique

 
Cycling Times : Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Ashton Lambie : J’ai grandi à Lincoln, Nebraska, avant d’aller à l’université de Hastings. J’ai rencontré ma femme là-bas, et nous avons déménagé à Lawrence, dans le Kansas pour 4 ans, pendant qu’elle passait son master et son doctorat. Nous sommes revenus à Lincoln où je cours pour Creative Landscaping, mon entreprise familiale de landscaping, et l’équipe des USA.

CT : Vous avez commencé par le gravel… Pouvez-vous expliquer comment vous vous êtes intéressé au vélo ?

AL : J’ai appris à m=rouler sur un vélo comme la plupart des enfants, mais quand j’avais quinze ans, je suis tombé sur le vieux vélo de mon père dans le garage. Je lui ai demandé pourquoi il y avait ce guidon si particulier, et j’avais accroché tout de suite. J’ai fait mes premiers 100 km un peu plus tard cette année-là. Au collège et au lycée, j’ai fiat quelques courses sur route, mais ce n’était pas vraiment pour moi. J’ai travaillé dans un magasin de vélo à Lincoln, et j’ai aussi lancé une activité de location de vélo, j’ai donc développé mes facultés en mécanique pour ça. Lorsque j’étais au lycée, j’ai commencé à faire de plus longues distances, de la randonnée. J’ai participé aux Colorado High Country series, une succession d’étapes menant à parcourir plus de 1200km.Lorsque nous avons déménagé à Lawrence, j’ai trouvé un travail au Sunflower Outdoor and Bike Shop. Le magasin et la communauté cycliste dans le Kansas est principalement orientée vers le gravel, donc je m’y suis intéressé davantage. Dirty Kanza est basé à Emporia, et il y a des courses de gravel presque tous les week end de mars à octobre à des endroits très proches en voiture.

CT : Quel a été votre meilleur résultat en gravel ?

AL : J’ai remporté plusieurs courses de gravel, Gravel State in Kansas and Nebraska, Pony Express, Maisie’s pride. Mon résultat le plus prestigieux est probablement ma sixième place (et 1er dans ma catégorie d’âge) sur la Dirty Kanza 2016.

CT : Vous avez commencé la piste en 2016 si je ne m’abuse, pourquoi avoir décidé de changer de discipline ?

AL : Il y a une piste à Lawrence. J’ai emprunté un vélo pour essayer. Je suis un peu plus musclé que la plupart des coureurs de longue distance, et il est apparu que la piste me conviendrait peut-être mieux physiquement. Je me suis vraiment amusé, donc quand ma femme a dû aller à San Diego pour la National Flute Convention, nous en avons profité pour faire un road trip, et j’ai emmené le vélo que j’avais emprunté à un ami. J’ai roulé sur les pistes de Boulder, CO et San Diego et j’ai adoré ça ! J’ai donc décidé de participer à un maximum de compétitions, ce qui m’a permis de me qualifier pour les nationaux l’année suivante.

CT : Vous avez eu immédiatement des résultats très intéressants, un titre de champion des Etats-Unis de la poursuite notamment l’année dernière. Était-ce une surprise pour vous ?

AL : Oui, car c’est arrivé très vite. Je n’avais pas beaucoup d’expérience, mais ma première année j’étais surtout très fort, et pas du tout stratégique. Quand nous sommes allé aux nationaux, je savais dans quelle forme mes adversaires étaient cette année-là, et je savais que je pouvais tirer mon épingle du jeu, mais c’était tout de même étrange lorsque c’est arrivé.

CT : Le gravel a-t-il toujours votre préférence ?

AL : J’adore le gravel et je ne m’en lasse jamais. Particulièrement dans le Midwest, il y a beaucoup plus de routes pour le gravel que de routes bitumées, et bien sûr aucun traffic. Le paysage est encore plus beau, et on peut rouler toute une journée et ne voir aucune voiture.

CT : J’imagine que vous allez vous concentrer sur la piste après votre record du monde cet été… Quels sont vos objectifs pour les prochaines saisons ?

AL : J’aimerais vraiment obtenir de bons résultats aux championnats du monde, et bien sûr l’équipe américaine est concentrée sur sa qualification pour les Jeux Olympiques en poursuite par équipe.

CT : Que pouvez-vous me dire à propos de votre entrainement ? Faites-vous des entrainements particuliers, ou seulement du vélo ?

AL : Mon coach Ben Sharp et mon préparateur physique Chris Delsaga me donnent mes entrainements, mais ça consiste principalement en une combinaison d’intérieur et d’extérieur, de puissance et d’endurance, et de musculation.

CT : Pensez-vous que faire beaucoup d’endurance peut aider à être performant sur des efforts très courts tels que la poursuite ?

Al : Même si la poursuite individuelle est une distance relativement courte, comparé à quelque chose comme la Crossing Kansas, c’est le même challenge, seulement condensé. La poursuite est trop longue pour être un sprint. Vous devez régler votre intensité sur 4 km tout comme vous devez trouver votre rythme sur 400 miles. Les variations mentales sont les mêmes, seulement sur une période plus courte.

CT : Quelle est la chose que vous préférez en cyclisme ?

AL : J’adore le challenge de la course, mais aussi tout simplement sortir sur mon vélo. Bien sûr c’est très dur, mais j’ai déjà passer beaucoup de temps sur un vélo, et c’est toujours fun !

CT : Et finalement, pour vous, quelle est la clé du succès ?

AL : Le soutient de la famille, la régularité, et la plaisir !

Un grand merci à Ashton Lambie pour cette belle interview !

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