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Tour de France 2020, le détail du tracé

Cette 107e édition du Tour de France s’élancera de Nice le 27 juin prochain. La parcours, dévoilé il y a quelques jours, est plutôt atypique, et proposera comme chaque année des arrivées inédites, mais aussi des passages dans des lieux mythiques de la Grande Boucle. Voici un décryptage détaillé du tracé qu’emprunteront les coureurs en juillet prochain, et sur lequel sera sacré le successeur d’Egan Bernal.

Nice, un départ musclé

Nous étions plutôt habitués à des départs relativement calmes, avec quelques étapes de plaine, voire, pour les tracés les plus audacieux, un contre la montre inaugural destiné à créer quelques écarts. Mais les organisateurs nous ont réservé un Grand Départ qui s’annonce spectaculaire, avec deux étapes autour de Nice au dénivelé très prononcé. La première sera probablement destinée aux sprinteurs. Les quelques difficultés répertoriées sur le circuit ne devraient pas effrayer beaucoup d’entre eux, mais il faudra rester vigilant pour conserver toutes ses chances d’endosser le premier maillot jaune. Le lendemain, c’est une véritable étape de montagne qui attend les coureurs, avec plusieurs cols à franchir dès le deuxième jour de course, ce qui pourrait avoir une importance capitale en vue du classement général. Les coureurs affronteront d’abord le long col de la Colmiane (16,3km à 6,2%), avant de plonger vers le Col du Turin (14,9km à 7,3%), étape reine du dernier Paris Nice, remporté par un certain Egan Bernal. 100 km de course auront déjà été effectués, mais il en restera quasiment autant, avec une longue descente jusqu’à Nice, où le Col d’Eze (7,8km à 7%) pourrait servir de rampe de lancement pour les plus audacieux, alors qu’il restera encore 33 kilomètres à parcourir. Un premier passage sur la ligne d’arrivée emmènera ensuite le peloton en direction du Col des Quatre Chemins, dernière difficulté avant la ligne d’arrivée. Les puncheur les plus solides pourraient y voir une occasion de s’emparer de la précieuse tunique jaune, mais les favoris du Tour de France devront également être en grande condition pour espérer jouer les premiers rôles.

Une première semaine accidentée

Pour la 3e journée, les organismes vont pouvoir souffler quelque peu, avec une étape vraisemblablement adressée aux sprinteurs, qui pourraient s’expliquer sur cette arrivée à Sisteron. Près de 200 km seront tout de même au programme, mais les coureurs encore fatigués des efforts de la veille devraient en profiter pour s’économiser. Mais dès le lendemain, il faudra de nouveau fournir de gros efforts, notamment dans la rampe final menant jusqu’à Orcières Merlette (7,1km à 6,7%), après 157 km de course. Une occasion rêvée pour les coureurs les plus en forme de créer quelques écarts, bien qu’un ascension de 7 kilomètres ne permette pas d’envisager de très gros écarts. Le 5e jour, les coureurs retrouveront un parcours plus classique, avec ces 180 km de plaine entre Gap et Privas, où les hommes forts du peloton se disputeront probablement la victoire d’étape. Mais sur l’étape suivante, la donne risque de changer radicalement. L’arrivée au Mont Aigoual (8,3km à 4%) sera précédée du Col de la Lusette (11,7km à 7,3%), avec seulement 5 kilomètres de transition, le tout après plus de 190 kilomètres. Une étape qui s’annonce décisive et qui, à défaut de créer d’immenses écarts, permettra de donner des indications très précises quant au niveau de forme des différents favoris à la victoire finale. Enfin, cette première semaine de course s’achèvera à Lavaur, sur une étape de 168 km prenant son départ à Millau. Une étape de plaine, qui dessinera de façon bien plus précise la hiérarchie des sprinteurs sur cette Grande Boucle, puisqu’il s’agira de la 4e occasion pour ces derniers de se disputer un succès.

Les Pyrénées, une étape clé

De prime abord, ce passage dans les Pyrénées peut sembler quelque peu… décevant. On s’attendait à plusieurs étapes de haute montagne, après le festival du Tourmalet sur le dernier Tour de France. Il n’en sera rien, puisque les favoris n’auront qu’une seule occasion pour s’expliquer dans ce massif Pyrénéen. Mais quelle occasion ! Il ne faudrait pas sous-estimer l’importance de ce passage clé du Tour, car cette 8e étape pourrait bien mettre fin aux ambitions de bon nombre de prétendants. 140 km, trois cols à gravir, et pas des moindres. Le Col de Menté, placé loin de l’arrivée, précédera un enchaînement décisif, avec l’ascension du Port de Balès (11,7km à 7,7%) suivie du Col de Peyresourde (9,7km à 7,8%), le tout avant une courte descente menant les coureurs jusqu’à Loudenvielle. Une journée qui nécessitera une vigilance extrême, mais aussi une très grande forme, pour ne pas laisser filer tout espoir de victoire. Le lendemain, les 154 km entre Pau et Laruns ne devraient pas poser de soucis majeurs aux favoris, avec deux ascensions répertoriées seulement. Une étape qui pourrait convenir aux baroudeurs, ou du moins aux coureurs audacieux. Le passage dans les Pyrénées se terminera donc ici, mais il est certain que les grandes lignes du classement général seront déjà tracées après seulement 9 jours de course.

Une transition piégeuse

Après cet épisode pyrénéen, le tracé emmènera les coureurs en bord de mer, du côté de l’île d’Oléron. C’est de là qie s’élancera la 10e étape, avec une arrivée à l’Ile de Ré quelques 170 km plus loin. Une étape destinée aux sprinteurs, mais qui pourrait s’avérer bien plus piégeuse que prévu a cause du vent, qui pourrait s’inviter sur cette journée et provoquer des cassures. Il faudra donc être particulièrement vigilant du côté des favoris pour ne pas revivre l’épisode d’Albi sur la dernière Grande Boucle. Le lendemain, l’arrivée à Poitiers sera également l’occasion pour les sprinteurs de se disputer la victoire, à condition de bien manœuvrer dans la final pour ne pas laisser une échappée déjouer leurs plans. La 12e étape signera le retour dans le Massif Central, pour une arrivée à Sarran qui pourrait parfaitement convenir aux baroudeurs. Un profil vallonné, sur une distance de près de 220km, ajoutons à cela la fatigue des coureurs, et vous obtenez une étape taillée pour les audacieux. Le lendemain, c’est une étape terriblement accidentée qui attend les coureurs, avec un départ de Chatel Guyon, séparé de l’arrivée à Puy Mary par 191 km de route vallonnées, dignes d’une véritable classique ardennaise. Les baroudeurs sauront sans aucun doute tirer parti de ces reliefs, mais les puncheur y verront peut-être une occasion de briller. Quoiqu’il en soit, la lutte sera rude pour espérer la victoire, et les favoris ne devront pas non plus négliger les dernières rampes, avec le Col de Neronne (3,8km à 9,1%) et le Pas de Peyrol (5,4km à 8,1%), qui pourraint s’avérer fatales aux moins forts d’entre eux. La deuxième semaine se terminera par une étape de plaine tracée entre Clermont-Ferrand et Lyon, pour un total de 197 km. Une étape qui devrait constituer l’une des dernières occasions pour les sprinteurs, avant d’entamer une dernière semaine très montagneuse.

Les Alpes, un festival pour purs grimpeurs

La 3e semaine s’annonce exceptionnellement difficile. Dès la 15e journée, une explication au sommet du Grand Colombier (17,4km à 7,1%), après avoir auparavant franchi la montée de la Selle de Fromentel (11,1km à 8,1%) et le Col de la Biche (6,9km à 8,9%), donnera le ton de ce final spectaculaire. La journée de repos qui suivra aura une importance capitale pour les prétendants au maillot jaune, qui devront rester particulièrement actifs pour préparer le bouquet final. La 16e journée, avec son arrivée à Villard de Lans, sera une nouvelle fois très éprouvante, puisque les coureurs devront franchir le Col de Porte notamment, ainsi que la côte de Revel, avant d’entamer la montée de Saint Nizier du Moucherotte, avant de rejoindre la rampe finale au sommet de laquelle sera jugée l’arrivée. Les baroudeurs y verront sans doute une belle opportunité, là où les favoris tenteront d’économiser leurs forces en prévision de l’étape du lendemain. Cette étape sera l’étape reine de cette 107e édition. Le départ sera donné à Grenoble, et ce sont 168 km qui devront être couverts par les coureurs, franchissant d’abord le Col de la Madeleine (17,1km à 8,4%), avant de se présenter au pied de l’ascension vers Meribel, qui sera prolongée cette année jusqu’au Col de la Loze (21,5km à 7,8%), culminant à plus de 2300 mètres, et présentant dans sa portion finale des pourcentages supérieurs à 15%. Ce sont les jambes qui parleront sur cette étape, véritable juge de paix de cette édition 2020, et qui nous donnera une idée très précise des concurrents encore en lice pour la victoire. La 18e étape, qui s’élancera de Meribel et qui emmènera les coureurs jusqu’à La Roche sur Foron, ne présentera presque aucune portion roulante, et donnera une nouvelle fois l’opportunité aux favoris de faire basculer ce Tour de France. Le Cornet de Roseland, le Col des Saisies, ou encore le Col des Aravis, c’est un véritable toboggan qui dessinera le scénario de cet te journée, qui se jouera probablement dans la montée du Plateau des Glières, dont le sommet se situera à moins de 30 km de l’arrivée, alors qu’il ne restera plus qu’un difficulté, le Col des Fleuries, pour espérer faire la différence.

La Planche des Belles Filles, une conclusion inattendue

Après cette episode décisif en haute montagne, les coureurs rejoindront Bourg en Bresse pour la 19e journée, qui les emmènera jusqu’à Champagnole pour une arrivée qui pourrait convenir aux quelques sprinteurs encore en lice, mais aussi aux baroudeurs les moins usés. Le lendemain, c’est un contre la montre de 36 km qui attends les coureurs, qui empruntera la Planche des Belles Filles, et qui décidera du vainqueur de cette édition 2020. Un final atypique, qui permettra aux rouleurs de s’exprimer, sans pour antant désavantager les purs grimpeurs. En résumé, il faudra avoir fait la différence antant d’entamer l’unique contre la montre de ce Tour pour espérer ramener le maillot jaune sur les Champs Élysées. C’est d’ailleurs sur cette avenue, comme la veux la tradition, que sera jugée la dernière étape, favorable aux sprinteurs, qui clôturera dans un décor somptueux une édition qui s’annonce particulièrement indécise.

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