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Interview Quinn Simmons : “Paris Roubaix est un rêve pour moi”

Sacré champion du monde junior dans le Yorkshire en fin de saison, Quinn Simmons s’est révélé aux yeux du grand public grâce à son panache et son style de course très offensif. Transféré chez Trek Segafredo cet hiver, le jeune américain impressionne et se place déjà comme l’un des grands espoirs de sa génération. Nous avons eu la chance d’échanger quelques mots avec lui avant son départ en stage avec sa formation, afin de découvrir plus en détail ce jeune talent

Cycling Times : Nombreux sont ceux qui ont entendu ton nom pour la première fois cette année, en France notamment. Parle-nous de tes débuts sur le vélo et de ton ascension jusqu’au maillot arc-en-ciel

Quinn Simmons : Pour moi, j’ai toujours été sur un vélo, enfant je faisais des sorties en VTT avec ma famille avant que cela ne devienne des compétitions à l’âge de 15 ans. Pendant 2 ans ça a été mon objectif l’été, complété par du ski en hiver. À 17 ans j’ai débuté ma première saison sur route, répartie entre courses de VTT et courses sur route. En 2019, je me suis concentré uniquement sur la route, et avec cette approche j’ai obtenu l’arc en ciel (champion du monde junior, ndlr)

CT : Tu as réalisé une superbe saison cette année, en remportant de grands événements tels que Gent Wevelgem ou les championnats du monde dans ta catégorie. Quel a été ton meilleur moment sur le vélo ?

QS : C’est certain, Gent Wevelgem reste un très bon souvenir en tant que première victoire majeure en Europe, et avec celle-ci je dirais ma course à Leadville (une 2e place arrachée avec panache sur l’épreuve de VTT après une impressionnante remontée, ndlr). Mon meilleur souvenir reste bien sûr ma victoire aux mondiaux, non seulement la victoire mais aussi le fait de pouvoir rouler 30 km seul en tête et de profiter de cette expérience.

CT – On t’a vu très à l’aise sur les courses d’un jour cette année, toujours offensif, franchissant souvent la ligne en solitaire, mais aussi sur les championnats des USA du contre la montre junior. Quel type de coureur es-tu ?

QS – Je me vois comme quelqu’un qui pourrais devenir un jour un coureur de classiques. J’aime aussi les chronos courts, explosifs. Avec la puissance sur les classiques je me suis rendu compte que je pouvais sortir de bons sprints malgré la fatigue en fin de course. Je suis loin d’être un pur sprinteur, mais je dirais un sprinteur de classiques… J’espère !

CT – Désormais tu fais partie de l’équipe Trek Segafredo, quelle impression cela te fait-il, à seulement 18 ans, de rouler aux côtés de Richie Porte, Vincenzo Nibali, Bauke Mollema ou le champion du monde Mads Pedersen ?

QS – C’était un grand objectif pour moi cette saison de passer professionnel dès maintenant, je sais que j’ai les capacités pour le faire, même si je manque d’expérience. C’est pour cela que j’ai choisi Trek, c’est un très bon groupe pour apprendre mais aussi pour avoir l’opportunité de courir de très belle épreuves.

CT – Nous avons entendu dire que tu visais les classiques pour 2020, et certains n’hésitent pas à affirmer que tu peux viser un top 10 à Roubaix… Quel est ton état d’esprit à propos de ces courses, seras-tu là pour apprendre et observer ou penses-tu pouvoir jouer ta carte personnelle dès à présent ?

QS – J’adore les classiques, pour moi Paris Roubaix est un rêve. Ma saison serait réussie si je pouvais aider les gars à décrocher une belle victoire. Je n’ai pas peur de tenter ma chance si j’en ai l’occasion, mais l’objectif sera de tenir jusque dans le final en espérant pouvoir jouer un rôle dans d’éventuelles grosses victoires pour l’équipe.

CT – J’ai une question en tête. En passant professionnel avant d’atteindre la catégorie espoir, regrettes-tu le fait que tu ne puisses probablement jamais participer au Tour de l’Avenir ? Est-ce un handicap pour toi d’intégrer le milieu professionnel en tant que junior, alors même que l’on peut voir des coureurs tels que Mikkel Bjerg (triple champion du monde espoir de contre la montre, ndlr) et Thomas Pidcock (médaillé de bronze aux mondiaux espoir en 2019, ndlr) faire le choix de patienter quelques temps avant de se lancer dans le grand bain ?

QS – Pour moi, le Tour de l’Avenir reste une possibilité avec l’équipe nationale, mais la décision viendra plus tard dans la saison.

CT – Finalement, peux-tu nous donner ton ambition, la chose que tu rêverais d’accomplir en tant que coureur professionnel, ainsi que le coureur qui t’inspire le plus ?

QS – Gagner des classiques est la plus grande motivation pour moi. Un titre de champion du monde élite serait également exceptionnel. Le coureur actuel qui m’inspire le plus doit sans doute être Sagan. Parmi les coureurs retirés des peloton, je pencherais pour un mélange entre Boonen et Cancellara.

Quinn Simmons a révélé son programme pour l’an prochain, qui sera axé sur les classiques pavées, avec en point culminant sa première participation à un monument à l’occasion de Paris Roubaix :

Challenge de Majorque (30 janvier-2 février)

Etoile de Bessèges (5-9 février)

Omloop Het Nieuwsblad (29 février)

Kuurne-Bruxelles-Kuurne (1er mars)

Strade Bianche (7 mars)

E3 Binckbank Clasic (27 mars)

Gand-Wevelgem (29 mars)

À Travers la Flandre (1er avril)

Paris-Roubaix (12 avril)

Tour de Hongrie (13-17 mai)

BinckBank Tour (31 août-6 septembre)

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