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Caleb Ewan, superstar sur orbite

Sans aucun doute le meilleur sprinteur australien actuel, Caleb Ewan fais désormais partie de l’élite du cyclisme mondial. Auteur de 5 victoires sur les grands tours l’an passé, il a acquis depuis ses lettres de noblesse pour intégrer le club très fermé des vainqueurs d’étape sur les trois grands tours. Zoom sur son parcours atypique…

Caleb, un diamant brut

2012, Caleb Ewan est âgé de 17 ans. Il sort d’une superbe saison chez les juniors, qui l’aura vu sacré plusieurs fois champion d’Australie sur piste, après 7 années de compétition. Un espoir prometteur, qui brille par son explosivité. Lors de la Jayco Bay Classic, le jeune Caleb est opposé aux cadors australiens, et notamment Robbie McEwan ou Allan Davis. Tous les pronostics se tournent vers les favoris, mais c’est bien le petit sprinteur de Sydney qui a franchi la ligne en premier dès la 2e journée, avant de récidiver sur la 4e étape. Une 2e place au classement général, et une place de choix sur les tablettes des recruteurs du World Tour. Sacré champion d’Australie du contre la montre junior quelques mois plus tard, il prend la 2e place du championnat du monde de sa catégorie à Valkenburg et achève une saison exceptionnelle pour son âge. L’année suivante, il court sous les couleurs de la Jayco Ais World Tour Academy et réalise une superbe saison, avec 8 victoires, dont 2 sur le Tour de l’Avenir, et une 5e place aux mondiaux junior. Les bases sont posées, et le monde du cyclisme attend avec impatience l’arrivée de la “pocket rocket” au sein du World Tour, qui ne tarde pas à arriver

Caleb Ewan chez les pros

Fort de sa saison 2013 réussie, le jeune sprinteur australien poursuit sa progression au sein de sa formation, en attendant de signer chez Orica GreenEdge en tant que stagiaire. Il en profite pour signer un nouveau succès sur le Tour de l’Avenir, après un titre de champion d’Australie espoir acquis en début d’année. 2e des mondiaux espoir à seulement 19 ans, c’est avec beaucoup de confiance qu’Ewan aborde sa première saison pro en première division. Et que dire de cette saison ? 12 victoires, une étape de la Vuelta, une medaille d’argent sur les championnats d’Australie, c’est un lancement parfait pour le sprinteur de poche, qui confirme d’entrée de jeu les espoirs placés en lui, et franchit les palier à vitesse grand V.

2016, attention danger

Démarrer fort une saison, les australiens savent le faire, climat estival oblige. Aucun surprise donc lorsqu’il décroche 2 victoires sur le Tour Down Under, ainsi qu’un joli bouquet sur l’Herald SunTour. Mais ensuite, alors que tous attendent une saison exceptionnelle, la machine s’enraye, les victoires se font rares et les ouvertures moins nombreuses. Toujours placé, que ce soit sur Tirreno Adriatico, le Tour du Yorkshire ou encore le Tour d’Italie, la victoire lui échappe. Il aura bien remporté la classique d’Hambourg au mois d’août, l’un des ses plus beaux succès, mais la grande saison annoncée se fait désirer.

2017, redémarrage en cours

Bon. Caleb, on compte sur toi, il faudra bien concrétiser. Plus facile à dire qu’à faire, et la pression, jusque là plutôt absente, commence à se faire sentir. Le grand public en veut toujours plus, mais le natif de Sydney a encore de la ressource. Pour commencer, 4 victoires sur le Tour Down Under. Un bon début, dirons les plus exigeants. 1 étape du Tour d’Abu Dhabi. Correct. 1 étape du Tour d’Italie. Bon… Du Tour d’Italie ? Et bien, la voilà cette belle victoire ! Et devant Gaviria, Bennett, Greipel… Rien que ça. La machine se remet en route, et les ambitions redeviennent légitimes. La saison se poursuit, et se termine sans coup d’éclat, mais qu’importe, Caleb Ewan est de nouveau sur la bonne voie, et va pouvoir s’attaquer à la dernière grande étape de sa progression, à savoir rivaliser avec le cadors tout au long d’une saison.

San Remo, le graal en ligne de mire

Au cours de la saison 2018, Caleb Ewan parvient à glaner quelques succès et podiums sur des événements majeurs, mais ne participe à aucun grand tour. Mais sur Milan San Remo, le monument le plus adapté à ses qualités, le sprinteur de la Mitchelton Scott se glisse à la 2e place, venant mourir sur la roue de Vincenzo Nibali. Une déception, sans aucun doute, mais surtout un aperçu du potentiel hors-norme du jeune australien, alors âgé de 23 ans. Le bilan de ses 4 premières années en World Tour : 2 étapes de grand tour, plus de 30 succès, un podium sur une classique majeure. De quoi éclipser nombre de coureurs professionnels, mais Caleb Ewan vise plus haut.

Une place parmi les plus grands

De l’ambition, l’australien n’en manque pas. Et pour cause, il en faudra plus se mesurer aux cadors. Mark Cavendish, André Greipel, Marcel Kittel, tous ont laissé leur empreinte sur les plus grandes courses, mais surtout sur LA plus grande, le Tour de France. Il ne lui reste donc qu’un palier à franchir pour pouvoir enfin accéder au sommet de la hiérarchie mondiale, et c’est bien sur la Grande Boucle qu’il faudra faire ses preuves. Pendant l’hiver, Caleb Ewan a signé chez Lotto Soudal pour la saison 2019. Un changement de cap toujours difficile à gérer pour un sprinteur, qui a souvent besoin de temps pour retrouver ses repères. Mais pour Caleb, pas question de faire traîner les choses. Le leader de la formation belge ouvre son compteur dès le mois de février, à l’occasion de l’UAE Tour. Incapable de trouver l’ouverture sur Paris Nice, il se rattrape sur le Tour de Turquie en signant 2 succès, avant de s’envoler pour le Tour d’Italie. Les premières étapes se déroulent sans accroc, et il signe 2 podiums. Sur la 8e journée, l’australien renoue avec un succès sur les grands tours, avant de récidiver 3 jours plus tard. Une réussite, qui lui permet de quitter la course avec le plein de confiance, préférant se préserver pour le mois de juillet, quoiqu’en disent ses détracteurs. Un mois de juillet en or qui fera bien plus que lui donner raison, puisque, 3 semaines après le départ de Bruxelles, ce sont 3 succès d’étape qui sont venus s’ajouter à son palmarès, après sa superbe victoire sur les Champs Élysées, point d’orgue jusqu’alors de sa carrière, qui lui donne une dimension nouvelle et le place comme la référence du sprint international. Une trajectoire atypique et jalonnée de succès, qui l’a mené jusqu’au sommet à seulement 25 ans. Une performance rare qui lui ouvre des perspectives, que ce soit sur les grands tours ou sur Milan San Remo, qui pourrait bien lui sourire un jour.

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