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Décryptage – Women’s Strade Bianche

Les Strade Bianche marquaient le retour du World Tour et des classiques, un retour tant attendu par les coureuses, mais aussi les suiveurs. Une course scrutée de près donc, que nous allons tâcher de décrypter pour vous, pour faire le point sur l’état de forme des différentes favorites présentes, et sur les performances marquantes de ce samedi.

Annemiek Van Vleuten, la confirmation ?

L’épreuve féminine, remportée par Annemiek Van Vleuten, n’était pas destinée à offrir un grand suspens, tant la domination de la néerlandaise semblait établie au départ. Et pourtant, il aura fallu attendre les derniers hectomètres pour voir la championne du monde se détacher, après un numéro exceptionnel de l’espagnole Mavi Garcia. Partie très tôt dans l’épreuve, l’espagnole a longtemps poursuivi sa chevauchée solitaire, repoussant rapidement le peloton des favorites à plus de 5 minutes. Il aura fallu attendre le final et l’entrée dans les 50 derniers kilomètres pour qu’un groupe de chasse ne se dessine, avec notamment Ellen Van Dijk, Leah Thomas ou Amanda Spratt. Derrière, le reste des favorites était encore plus loin, le peloton pointant à près de 4’30”. La poursuite s’est organisée de façon assez progressive, mais trop peu efficace pour envisager un retour sur la tête de la course.

Mavi Garcia en plein effort après plus de 100 km d’échappée

Le moment clé de l’épreuve aura finalement été le moment où Annemiek Van Vleuten a décidé, à un peu plus de 20 km de l’arrivée, de faire le jump seule pour rentrer sur le groupe de chasse. Revenue comme une balle, elle n’a laissé aucune chance aux concurrentes présentes dans ce groupe, se détachant rapidement pour partir seule en poursuite derrière Mavi Garcia, toujours créditée d’une avance de près de 2 minutes à ce stade. Une avance qui a fondu comme neige au soleil sur les derniers secteurs en graviers, où Annemiek a repris en seulement quelques kilomètres quasiment l’intégralité de son retard.

Les favorites n’auront jamais revu la tête de course, à l’exception de la championne du monde

Mais après un tel effort, Annemiek a finalement éprouvé toutes les difficultés à combler les derniers mètres pour opérer la jonction, à tel point qu’elle a été incapable de se détacher de sa dernière opposante lors du dépassement, chose rarissime pour la néerlandaise de 37 ans, habituée aux victoires en solitaire. Les deux femmes se sont donc dirigées vers Sienne, sans que l’espagnole de la formation Alé BTC Ljubljana ne passe le moindre relais. Dans le final, elle s’est permise de jouer avec les nerfs de sa concurrente, feignant une attaque pour tenter de profiter de la fatigue apparente de la favorite. Mais à 800 m de la ligne, sur les pentes les plus raides, la leader de la Mitchelton s’est détachée irrémédiablement, s’envolent vers un second succès consécutif.

La vainqueure Annemiek Van Vleuten décroche ses dernières rivales pour rejoindre Mavi Garcia

Alors, que doit-on retenir de cette journée particulière ? Dans un premier temps, la confirmation de la forme étincelante d’Annemiek Van Vleuten, intouchable cette année avec 5 victoires en 5 participations, et qui remporte donc cette édition 2020. Presque une formalité pour la tenante du titre, qui a tout de même joué de circonstances favorables pour s’imposer. Explications…

Leah Thomas, la plus forte sur les chemins blancs ?

Il n’aura échappé à personne que l’américaine Leah Thomas, très en jambe, a terminé 3e, reléguée cependant à 1’53” de la vainqueure. Mais il faut prendre en compte l’incident mécanique dont elle a été victime au moment même où Annemiek Van Vleuten revenait sur le groupe de chasse, avant de les déposer, groupe auquel appartenant la leader de la formation Paule Ka. Lancée dans une poursuite derrière la néerlandaise, Leah Thomas aura ensuite été victime d’une petite chute qui lui a de nouveau fait perdre du terrain. Sans ces malencontreux incidents, il y a fort à parier qu’elle aurait pu accompagner Annemiek jusqu’au regroupement en tête de course, et pourquoi pas lui disputer la victoire. Une aubaine donc pour la championne du monde, qui s’est débarrassée sans le vouloir de sa plus solide rivale.

Où en sont les autres favorites ?

La réponse est assez simple, loin d’Annemiek Van Vleuten. Si Anna Van Der Breggen, Elisa Longo Borghini, Marianne Vos et Cecilie Uttrup Ludwig, arrivées dans cet ordre derrière le trio de tête, ont su limiter les dégâts pour arriver avec environ 2 minutes de retard, la facture est beaucoup plus salée pour des favorites telles que Marta Bastianelli, 10e à plus de 5 minutes, Demi Vollering, 20e à 8 minutes ou encore l’ancienne vainqueure Chantal Blaak, reléguée encore plus loin. La confirmation de ce que l’on avait pu observer quelques jours plus tôt sur les routes de Navarre, où elles avaient été incapables d’accompagner Annemiek dans son triplé. Anonymes derrière les performances stratosphériques de Van Vleuten, un scénario prévisible qui s’est confirmé sur les routes de Toscane pour chacune d’entre elles.

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